Rébecca à la fontaine
par ALBANO, Gaston d', pseud. de Julia Chevalier de Montréal (1829-...), poétesse et compositrice française
Rébecca à la fontaine
- À peine avait-il achevé de parler ainsi en lui-même, qu’il vit sortir Rébecca, fille de Bathuel, qui portait une amphore sur son épaule.
- C’était une jeune fille très agréable…
- Le serviteur allant promptement au-devant d’elle, lui dit : « Donnez-moi, je vous prie, un peu à boire de l’eau que vous portez dans votre cruche. »
- Elle lui répondit : « Buvez, mon Seigneur », et abaissant aussitôt sa cruche sur le bras, elle lui donna à boire.
- Après qu’il eut bu, elle ajouta : « Je m’en vais aussi tirer de l’eau pour vos chameaux, jusqu’à ce qu’ils aient tous bu. »
- Après donc que ses chameaux eurent achevé de boire, cet homme tira un ornement qui était d’or,….. et deux bracelets qui pesaient dix sicles d’or, pour mettre à ses bras.
- Et il lui dit : « De qui êtes-vous fille ?… y a-t-il dans la maison de votre père de quoi nous loger ? »
- Elle lui répondit : « Je suis fille de Bathuel, fils de Nachor et de Melcha.
- « Il y a chez nous, ajouta-t-elle, beaucoup de paille et de fourrage, et de la place pour y loger. »
(GENÈSE, CH. XXIV. )
« Étranger, d’où viens-tu ?
. . . . . . . . . . . . . . . . .
« Viens-tu de la lointaine rive,
« Où s’arrêta l’Arche du ciel ?…
« De Babylone ou de Ninive ?…
« Des champs qui virent naître Abel ?…
« Viens-tu, noble vieillard, des tribus étrangères,
« Chercher sous notre ciel des destins plus prospères,
« Dresser ta tente sur nos terres,
« Roi proscrit ou pasteur,
« Réponds-moi, voyageur ?
. . . . . . . . . . . . . . . . .
« Qui que tu sois, ce long voyage
« A dû fatiguer ton grand âge ;
« Fais arrêter esclaves et chameaux,
« Dans la prairie où paissent mes agneaux…
« Bois un peu d’eau dans mon amphore,
« L’eau du ciel sait guérir encore
« Tous les maux !
« Tu souris, ô vieillard ! que doux est ton sourire !
« Tu m’offres des bijoux, des colliers précieux,…
« Ces trop riches présents sont dignes de nos Dieux !
« Reprends ces bracelets, ces vases de porphyre,
« Leur éclat éblouit mes yeux !
« Ah ! je ne puis sans te connaître
« Accepter ces riches bijoux,
« J’ai mon père pour maître
« Et je crains son courroux !
« Aux vierges des montagnes
« On défend les vains ornements,
« Les fleurs de nos campagnes
« Suffisent au printemps !
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
« Mais je m’oublie à la fontaine…
« Voyageur, écoute au lointain,
« Écoute le dernier refrain,
« Que redit l’écho de la plaine…
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
« C’est le son des chalumeaux
« Qui rappelle nos blancs troupeaux.
« Le vallon devient solitaire,
« La nuit descend à l’horizon,
« Viens auprès de mon père,
« Viens dans notre maison ;
« Pour lui l’étranger est un frère,
« Ah ! dis-lui, sans rien lui cacher,
« Ce que tu viens chercher
« Sur notre terre !
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
« Avec moi sous les palmiers,
« Suis les pas des chameliers. »
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La fille courut donc rapporter à la maison de sa mère ce qu’elle avait entendu.
Gaston d’ALBANO, Les femmes de la sainte Bible,
harmonies sacrées (poésie et musique), tome Ier, s. d.