La Mémoire littéraire, historique
et spirituelle de l'Occident chrétien

TEXTES PAR AUTEURS

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z ANONYMES

Retour

À un ami qui venait d’éprouver un grand malheur

par CLESSE, Antoine (18..-1889), parolier et musicien belge


À un ami qui venait d’éprouver un grand malheur

Oh ! je n’essaierai pas de calmer vos alarmes :

On peut briser un cœur en tarissant ses larmes.

La mort frappe un objet digne de vos douleurs.

Que vous dirais-je, hélas ! en ce moment suprême,

Moi qui sais ce qu’on souffre à perdre ceux qu’on aime ?….

– L’ami qui les comprend laisse couler vos pleurs.

Quand la mort m’a ravi Charles et mon vieux père,

Si quelqu’un m’avait dit : espère encore, espère !

J’aurais cru qu’il voulait me railler en chemin !……

J’ai rencontré depuis un bon ange, une femme,

Et son amour si pur a ranimé mon âme,

Qui la veille en tremblant pensait au lendemain.

Elle a reçu ma main, mais il m’en reste une autre

Et je viens aujourd’hui la tendre vers la vôtre :

Du faix de vos douleurs je prendrai la moitié,

En remerciant Dieu dont la bonté profonde

Me permet de donner, en passant en ce monde,

Une main à l’amour et l’autre à l’amitié.

Antoine CLESSE.

Paru dans la Revue de Liège en 1844.

www.biblisem.net