La Mémoire littéraire, historique
et spirituelle de l'Occident chrétien

TEXTES PAR AUTEURS

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z ANONYMES

Retour

Adieu, tristesses d’or

par BREMOND D'ARS, Eusèbe de (1888-1958), poète français


Adieu, tristesses d’or

Adieu, tristesses d’or, suavités suprêmes,

Rites d’octobre doux, généreux et discret

Aux tombeaux compliqués de soleils chrysanthèmes,

Condescendance exquise au charme du Regret !

Les temps sont bien finis des chères promenades

Dans les bois corrompus sous l’odeur de l’éther :

Nous voici par la mort des pauvres temps malades

Confiés aux candeurs de l’innocent hiver.

Nous avions pris le mal qui vous mit dans la tombe,

Automnes, à toucher ce qui vous fit mourir ;

Oh ! la précaution de la neige qui tombe !

Pour nous ces soins muets dévoués à guérir !

Oh ! ces pas sans échos ! C’est triste, ce silence

Qui bien jalousement nous enclot en nous seuls,

Cette bonté qui veille et n’aurait d’indulgence

Que si nos lits neigeux devenaient nos linceuls !

Il faut guérir !… guérir… Au plafond de la chambre

Fulmine la splendeur de l’innocent hiver,

Demi-rêves du cœur, adieu ! voici décembre !

Voici Dieu, le vivant, qui se souvient d’hier !

Eusèbe de BREMOND D’ARS,

Les Tilleuls de Juin, Société littéraire de France.

Recueilli dans Louis Chaigne,

L’anthologie de la renaissance catholique : Les poètes,

Alsatia, 1938.

www.biblisem.net