Jésus au jardin des oliviers
par MILLET, Adolphe (XIXe s.), poète français
Jésus au jardin des oliviers
Au jardin d’oliviers, hors des murs de la ville.
Nuit noire. Vent glacé. Dans un groupe caché,
À voix basse, entretien sur certain évangile,
Que Jésus, qui se dit le Messie, a prêché.
Plus loin, trois, sous le poids d’une lourde vigile,
Dorment autour d’un arbre, assis, le corps, penché ;
Un dernier, à l’écart prosterné sur l’argile,
Pleure : « Accepte, mon Dieu, mon sang pour le péché !
« S’il se peut, ô mon Père, éloigne ton calice…
Mais que ta volonté, non mon vœu, s’accomplisse ! »
– Et voilà qu’on entend un pas lourd de soldats…
Celui qui l’a vendu de Jésus-Christ s’approche.
Il l’embrasse… Son Maître, avec un doux reproche :
« Eh quoi ! par un baiser tu me trahis, Judas ? »
Adolphe MILLET.
Paru dans L’Année poétique en 1906.