La Mémoire littéraire, historique
et spirituelle de l'Occident chrétien

TEXTES PAR AUTEURS

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z ANONYMES

Retour

À l’inoubliée

par LIÉGEARD, Stéphen (1830-1925), poète et homme politique français


À l’inoubliée

Lacrymosa dies illa…

Oh ! l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie…

VICTOR HUGO.

Âme aimante, âme aimée, ô toi qui fus ma mère,

Dieu ne permet donc pas à ses plus chers élus,

Quand le livre s’est clos sur la page éphémère,

De relire, un seul jour, l’un des mots déjà lus ?

Tu sais si ton image est relique ou chimère,

Si le flot de l’oubli l’a roulée en son flux,

Si la source des pleurs coule, hélas ! moins amère,

Du cœur vivant qui bat vers le cœur qui n’est plus !

C’est fête au noir jardin, j’ai fleuri ta demeure ;

L’Éternel ne peut-il te donner même une heure ?

Viens, ton fils te supplie… Oh ! non, reste plutôt…

Car tu l’aimas, ce fils, d’une amour si profonde,

Que, s’il fallait sans lui quitter encor ce monde,

Les lys auraient pour toi moins de parfums… là-haut !

Stéphen LIÉGARD.

Paru dans L’Année des poètes en 1895.

www.biblisem.net